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Notre avis sur l'actualité

Anne-Frédérique ROYON, le cheval pour rester debout

Publié le 25 Juin 2017 par Odilon Fraq in Sport, Equitation, Para-dressage

Photo: Antoine Quinson. Anne-Frédérique Royon entourée des personnalités officielles.  Premier rang de gauche à droite : Virginie Giraud (CTD Equitation Loire), Anne-Frédérique Royon, Sandra Slepcevic (Conseillère Régionale AURA), Alain Péré (Président du CD Equitation Loire)  Deuxième rang de gauche à droite : Bertrand Courtin, Jacques Moulard (Trésorier et Président d’Honneur du CDE Loire)

Photo: Antoine Quinson. Anne-Frédérique Royon entourée des personnalités officielles. Premier rang de gauche à droite : Virginie Giraud (CTD Equitation Loire), Anne-Frédérique Royon, Sandra Slepcevic (Conseillère Régionale AURA), Alain Péré (Président du CD Equitation Loire) Deuxième rang de gauche à droite : Bertrand Courtin, Jacques Moulard (Trésorier et Président d’Honneur du CDE Loire)

EQUITATION / PARA-DRESSAGE

 

 

Anne-Frédérique ROYON, le cheval pour rester debout

 

 

Anne-Frédérique Royon, internationale française, membre de l’équipe de France para-dressage, était mise à l’honneur par le Comité Départemental Equitation Loire et son Président Alain Péré, qui rappelle que « la filière cheval est très investie pour le monde de l’handicap ».

Sandra Slepcevic (Conseillère Régionale AURA) présente lors de cette réunion, précisait :

«La région Auvergne – Rhône Alpes veut mettre en valeur des personnalités comme celle d’Anne-Frédérique Royon, car à travers elle, c’est aussi montrer notre volonté de soutenir ce public et de sensibiliser l’ensemble des publics.

Notre région s’est toujours beaucoup investie pour l’handicap, et mettre en valeur des parcours comme celui d’Anne-Frédérique Royon, c’est aussi sensibiliser le public pour ces sportifs et sportives et à travers eux ouvrir le regard sur l’handicap.

C’est aussi mettre en valeur la filière cheval avec son savoir faire et ses atouts : découverte du territoire ligérien, l’économie, le tourisme, …. la pratique sportive et l’handisport.

Anne-Frédérique Royon est une formidable, ambassadrice de l’handisport pour notre région.

Il faut du courage pour dépasser les limites qu’on a, à un moment donné, et aller chercher au plus profond de soi, pour ensuite mettre toute son énergie au service du sport.

C’est une athlète, une championne exceptionnelle qui se prépare, consacre des heures à son entraînement. Il n’y a aucune différence avec un athlète valide dans sa préparation, dans son engagement. Le sport est aussi un vecteur de liens, de rencontres, un facteur d’épanouissement».

 

 

Du sport à l’handisport.

Anne-Frédérique Royon, 39 ans, est une passionnée d’équitation, « de cheval plus exactement » rappelle-t-elle.

A 3ans, c’est la grande découverte qui va changer son destin.

«Mon tout premier souvenir, c’est chez mon oncle où on m’a mise sur un cheval, et ça a été de suite pour moi le coup de foudre, la passion équestre. J’ai aimé le contact avec le cheval».

Ensuite, elle fera de l’équitation à son rythme.

«Je pratiquais toutes les disciplines de l’équitation par plaisir, mais pas de compétition » et suivant le cours de sa vie, elle va privilégier plus ses études et son entrée dans la vie active.

En 2003, avec son premier poste de professeur de français, elle peut enfin réaliser son rêve et achète son premier cheval, Little Lucky of Jax.

La vie est belle, tout lui sourit et elle va enfin pouvoir se consacrer complètement à sa passion pour le cheval, pour l’équitation.

Mais la vie va en décider autrement, l’arrêt sera brutal, cruel, injuste aussi.

Juste « un mois ou deux après » l’achat de son cheval, en 2004, un accident de voiture change complètement le cours de son destin.

«J’étais tétraplégique, comme dans le film « intouchable », à l’époque, il n’y avait que la tête qui bougeait. Quand je vois le film, c’est comme cela exactement que j’étais».

Le diagnostic des médecins est sévère, et il faut alors envisager de se séparer de Little Lucky, « car cela ne sera jamais plus possible de remonter à cheval ».

« Je n’y arrivai pas, ce cheval je l’avais voulu, choisi. Je n’arrivais pas à faire le deuil et à m’en séparer. Ce n’était pas possible pour moi» confie-t-elle.

Comme si inconsciemment Anne-Frédérique Royon sait que c’est par lui que va venir sa renaissance.

 

En effet, au fond d’elle-même, tout au fond, une petite lumière reste encore, un souffle de vie pour l’aider à refaire surface.

Cette lumière s’appelle : Little Lucky [littéralement en français : « Petite Chance » comme un clin d’œil du destin], et elle s’y accroche avec ce rêve insensé, fou, de remonter un jour à cheval, ce lien qui la maintient à la vie, et lui donne du sens.

« C’est mon cheval, Little Lucky, qui m’a sauvée, il m’a sortie de la misère ». C’est lui la chance d’Anne-Frédérique Royon, lui qui va finalement la mettre au monde une deuxième fois.

Sa kiné à l’hôpital, son amie Muriel Guerrier, qui la suit d’ailleurs toujours aujourd’hui, va l’aider à concrétiser ce rêve.

L’histoire est en route …

 

Renaissance.

Mais rien n’est simple.

Il faut réapprendre de nouveaux codes pour communiquer avec Little Lucky, et la solution viendra de lui.

«C’est lui en fait qui m’a montré la voie. Il a changé par rapport à mon handicap. Il m’a sentie faible, et intégré le fait que je n’étais plus un danger pour lui car je n’étais plus dans le rapport de force.

Alors, il est devenu sage, à mon écoute, très prévenant. Un autre langage s’est instauré entre nous» analyse Anne-Frédérique Royon.

Anne la passionnée, Anne qui aimait par-dessus tous les chevaux, va retrouver son goût à la vie grâce à eux.

La communication se fait différente, pour que Little Lucky réponde à d’autres façons d’être dirigé, qu’il les comprenne. « Un beau travail fait avec lui ».

Une belle histoire d’amour entre Anne-Frédérique Royon et Little Lucky, un couple qui se murmure, se découvre, se fortifie «dans le respect du cheval, dans une relation d’écoute et de partage».

 

 

Du haut niveau.

Anne-Frédérique Royon va poursuivre sa formation en Dressage, et à l’occasion d’un stage de détection pour cavaliers handisport à l’Ecole Nationale d’Equitation, elle rencontre l’écuyer Marc-André Morin, qui va devenir son entraîneur.

Et cette fois, elle s’essaie à la compétition.

 

Les résultats ne se feront pas attendre :

  • 2013 : Championne de France paraéquestre de dressage.

Cette cavalière douée va intégrer de suite l’équipe de France et débute sa carrière internationale.

Membre de l’équipe de France, sa carrière connaît un point d’orgue en 2014 :

  • meilleure performance française aux Jeux Equestres Mondiaux (8è) et seule cavalière française qualifiée pour la RLM (Reprise Libre Musique).

 

Tout va très vite, trop peut –être…

« J’ai été catapultée un peu trop vite. C’était surtout l’envie et la motivation de mes entraîneurs de l’époque mais pas la mienne. Il y avait un manque de préparation. Après, je prends du recul, je veux prendre mon temps » analyse Anne-Frédérique Royon.

 

Elle ne met pas un terme à sa carrière de haut niveau, loin de là.

Elle veut juste décider, maîtriser et ne pas subir.

« Je veux vivre différemment la compétition, de façon paisible. Ce n’est pas une fin en soi, ni un but. La compétition permet d’évoluer, de se fixer de nouveaux objectifs pour s’améliorer ».

 

Anne-Frédérique Royon veut avancer à son rythme, sans précipitation, en ayant le temps de nouer une relation véritable et authentique avec son cheval, c’est à ce titre qu’il va ensuite donner le meilleur de lui, en confiance avec Anne.

Des valeurs humaines, une relation de respect et d’amour pour ses chevaux, pour qu’elle puisse poursuivre l’aventure à haut niveau, mais surtout vivre paisiblement sa passion pour eux et l’équitation.

Depuis 2015, Cédric Morandin l’entraîne.

 

Un investissement de tous les jours.

Licenciée à Loire Dressage, Anne-Frédérique Royon s’entraîne sur son installation, chez elle à domicile.

Maintenant, Little Lucky (18 ans aujourd’hui) vit une retraite heureuse au pré, et il est toujours près et avec Anne-Frédérique Royon.

 

Cependant, il a fallu prévoir sa relève, la suite.

Il y a J’Adore (13 ans), « antithèse d’un cheval de handi, car elle a du caractère (« du sang »), et elle n’est pas facile à gérer, un peu fougueuse. Maintenant, on a trouvé son rythme d’entraînement, pour la préparer, et cela va beaucoup mieux. Elle est très à l’écoute » commente Anne.

 

Anne-Frédérique Royon continue l’aventure aussi avec Quaterboy (7 ans) qu’elle a « depuis bébé. On prend le temps d’attendre sa croissance pour le travailler et en faire un cheval vraiment pour moi, même s’il est très costaud, puissant. Il a beaucoup de force. Je le forme à son rythme, je préfère le convaincre et ne pas lui imposer. On avance paisiblement, tranquillement mais sûrement.

Je le respecte et on noue ensemble une relation privilégiée ».

Une passion pour ses chevaux qu’elle vit et partage avec son compagnon, Bertrand Courtin

 

 

Les Jeux Paralympiques 2020 à Tokyo

Cette préparation sur le long terme fera une première halte, au Championnat de France para-dressage.

« C’est mon objectif en 2017 : la participation de QuaterBoy à son premier Championnat de France, mi-novembre à Saint-Lô » confirme Anne-Frédérique Royon.

Et de poursuivre :

« L’objectif à terme, c’est bien-sûr les Jeux Paralympique de Tokyo en 2020. Et pour se qualifier, il faut accepter de franchir les étapes les unes après les autres ».

Anne y veille, savoure chaque instant entourée d’une équipe soudée avec son compagnon, Bertrand Courtin, son amie Muriel Guerrier qui la suit toujours, son entraîneur Cédric Morandin, le cabinet de kiné de Stéphane Henri-Roux, et R2C du Groupe Casino.

 

« C’est mon mécène, R2C du Groupe Casino, qui me soutient financièrement. J’ai été aidée aussi par le Conseil Départemental Loire. C’est bien, car ces deux soutiens sont des reconnaissances aussi en tant que sportive, pour mon engagement et pour toute l’équipe qui est avec moi » précise Anne.

 

Et il faut une puissance financière pour atteindre ses objectifs pour Anne-Frédérique Royon qui mérite d’être, comme tout sportif, toute sportive de haut niveau soutenue et aidée dans son projet : celui de porter les couleurs de la France et de représenter son pays en équitation dressage au plus haut niveau.

 

Parions que d’autres partenaires financiers vont venir la soutenir et faire partie du club de ses mécènes ou sponsors, pour une femme qui marche au pas de ses chevaux.

 

Anne-Frédérique Royon, également ambassadrice du sport handi pour la Région Auvergne – Rhône Alpes, pour le Comité Départemental Equitation Loire et toute sa filière équestre, se consacre aussi à des interventions en entreprise pour sensibiliser au monde de l’handicap.

 

Une belle Dame, Anne, au cœur grand comme ça, qui danse sur la piste avec ses chevaux qui la portent au bout du Monde, pour vivre ses rêves…

 

Odilon Fraq

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